Maroc · Al-Maghrib · Le Royaume du couchant
Le Maroc, un royaume de lumières.
Des médinas millénaires de Fès et Marrakech aux dunes de l'Erg Chebbi, des vagues d'Essaouira aux crêtes enneigées du Rif — et jusqu'au douar Ikhouanene, près d'Aknoul, où bat le cœur de ce carnet. Villes, saveurs, artisanat et saisons : le grand voyage.
Carnet de voyage — MarocSix cités à traverser


« Le désert ne se raconte pas.
Il se traverse. »
Douar Ikhouanene, près d'Aknoul
Loin des circuits balisés, accroché aux collines du Rif oriental à quelques kilomètres d'Aknoul, dans la province de Taza, le douar Ikhouanene est de ces villages qui ne figurent sur aucune carte touristique — et c'est précisément ce qui fait leur valeur. Ici, les maisons de pierre et de terre épousent la pente, les oliviers, figuiers et amandiers dessinent des terrasses patientes, et chaque famille connaît le nom de toutes les autres.
C'est le pays des Igzennayen et, un peu plus à l'est, des Metalsa : une terre amazighe fière, où le tarifit se parle au quotidien et où l'histoire du Rif s'est écrite en lettres majuscules. La vie s'y règle sur le souk hebdomadaire d'Aknoul, sur la cueillette des olives à l'automne, sur les pluies qu'on espère et sur les étés où la diaspora revient d'Europe remplir les cours des maisons de rires et de thé versé de haut.
« On peut quitter le douar —
le douar, lui, ne vous quitte jamais. »



Abdelkrim el-Khattabi, le lion du Rif

Né vers 1882 à Ajdir, chez les Aït Ouriaghel, Mohammed ben Abdelkrim el-Khattabi fut d'abord cadi et journaliste à Melilla avant de devenir l'âme de la résistance rifaine. En juillet 1921, à Anoual, ses combattants — quelques milliers de montagnards — infligent à l'armée espagnole l'une des plus grandes défaites coloniales du siècle. Deux mois plus tard, il proclame la République confédérée des tribus du Rif : écoles, tribunaux, impôt réformé — un État moderne né dans la montagne.
Il fallut la coalition de deux empires — des centaines de milliers de soldats français et espagnols, sous le commandement de Pétain — pour le faire plier en 1926. Exilé vingt et un ans à La Réunion, il s'évade en 1947 à Port-Saïd et s'installe au Caire, où il anime le Comité de libération du Maghreb arabe jusqu'à sa mort, le 6 février 1963. Ses tactiques inspireront les mouvements d'indépendance du monde entier — et dans les douars du Rif oriental, d'Aknoul à Ikhouanene, où les Igzennayen combattirent à ses côtés, son nom se transmet encore comme un héritage.
« Un homme des montagnes
qui fit trembler deux empires. »
Une table généreuse
Des mains d'or et de patience
Quatre Marocs en un
Voyager, respecter
Le Maroc s'ouvre à qui le respecte. Quelques repères pour voyager juste, de la médina au douar :
« Celui qui n'a pas d'olivier,
de figuier ni de douar,
n'a pas encore de racines. »